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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 20:20

Nicolas Sarkozy a-t-il dépassé les limites ?

Après le "casse toi pauvre con" prononcé lors du salon de l'Agriculture et après la saisine du premier président de la Cour de cassation sur la question de la rétention de sûreté, nouvelobs.com a interrogé diverses personnalités : sur le plan comportemental, sur le plan institutionnel, le chef de l'Etat a-t-il dépassé les limites de sa fonction ?

Notre question

Tant sur le plan comportemental qu'institutionnel, Nicolas Sarkozy a-t-il dépassé les limites de sa fonction présidentielle ?

Les réponses

Roland Dumas, ancien ministre des Affaires Etrangères et ancien président du Conseil constitutionnel : "Concernant le droit constitutionnel, il s'engage dans une voie qui laisse penser qu'il dépassera les limites. Pourtant il ne faut pas oublier que la décision du Conseil constitutionnel s'impose à tout le monde : aux corps constitués comme aux pouvoirs publics. La décision du Conseil constitutionnel suppose qu'elle est conforme à notre droit et aux principes du Conseil constitutionnel. On peut suspecter Nicolas Sarkozy de franchir la limite de ses pouvoirs."

Philippe Bilger, avocat général près de la cour d'appel de Paris : "Je ne sais pas s'il a dépassé les limites car je ne connais pas ses limites. Nous ne sommes en tout cas pas habitués à voir de telles réactions de la part de d'un président de la Vème République, même s'il a été confronté à un citoyen particulièrement grossier. La manière de réagir du président a été vigoureuse. Il aurait mieux fallu feindre l'indifférence ou le mépris face à ces attaques verbales.
Sur le plan institutionnel, tout ce que je sais c'est que le président de la République a confié au président de la Cour de cassation une mission personnelle. Je ne sais pas, en tout cas j'ose espérer que non, si le président demande de nouvelles propositions pour contredire l'avis incontestable du Conseil constitutionnel. Ou s'il demande juste l'avis de Vincent Lamanda. Le premier président de la Cour de cassation a, à mon sens, reçu un cadeau qui à l'usage pourrait s'avérer empoisonné. Quel avis rendra-t-il ? Il est très difficile pour l'instant de répondre sans avoir pris connaissance exacte de la mission donnée à Vincent Lamanda." (La réponse de Philippe Bilger a été recueillie avant les déclarations de Vincent Lamanda, NDLR)

Pierre Moscovici, vice-président du Parlement européen et député européen, secrétaire national aux relations internationales au sein du PS : "Nicolas Sarkozy poursuit l'abaissement de l'image de la fonction présidentielle. En tant que président de la République, il est le gardien des institutions. Il est tout à fait choquant de se tourner vers le premier magistrat de France pour lui demander les possibilités de recours à la décision du Conseil constitutionnel. Cela crée un vrai précédent. Je suis consterné. La loi sur la rétention de sûreté est assez dégueulasse. Le Conseil constitutionnel a rendu une décision tempérée, je l'aurais voulue plus offensive mais je m'y plie. La façon dont le chef de l'Etat engage un bras de fer avec l'opposition est normale, en revanche il est malsain d'utiliser les institutions. Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy conteste ou fait des réflexions sur les jugements du Conseil constitutionnel mais il s'agit là d'un vrai déni de démocratie.
L'épisode du salon de l'agriculture est plus superficiel. Il n'en est pas moins révélateur de cette dégradation présidentielle. Le chef de l'Etat n'est pas une personne privée. Il faut qu'il garde en souvenir qu'il est le président de tous les Français. Il a fait preuve de vulgarité, il a pété les plombs. Son insulte n'est pas anecdotique, elle est inquiétante. Je suis moi-même inquiet. Je ne suis pas conseiller de Nicolas Sarkozy mais j'estime qu'il s'enfonce dans un comportement critiquable et mauvais. Mauvais pour lui, pour sa fonction et pour le pays."

Arnaud Montebourg, député PS de la Bresse et du Val de Saône : "La phrase prononcée lors du salon de l'agriculture montre le mépris du président de la République pour les petits. Les petites gens qui n'ont que la parole pour se défendre. Ce comportement du président est une marque de mépris pour la population. Et si un citoyen a le droit d'insulter un élu, son élu, le président, lui, ne peut s'abaisser à cela car il détruit la force symbolique de sa fonction. Et ces dernières semaines, les attaques du président contre la fonction et la dignité de cette dernière ont été répétées."

Elisabeth Guigou, députée PS de Seine-Saint-Denis, ancienne garde des Sceaux : "Il y a avant tout le non respect de la décision du Conseil constitutionnel concernant l'application de la loi sur la rétention de sûreté. En ne respectant pas la décision du Conseil constitutionnel, le président de la République ne respecte pas la constitution. Or, il est justement garant en sa qualité de président de cette même constitution selon l'article 5 qui exige du président de la République qu'il veille sur l'application et le respect de la constitution. Le manque de respect de Nicolas Sarkozy pour la constitution française est une atteinte très grave et une dérive dangereuse. J'ai d'ailleurs demandé au président de l'Assemblée nationale de convoquer l'Assemblée en ce sens. D'ailleurs, j'ai appris ce matin que le président de la Cour de cassation ne reviendrait pas sur la décision du Conseil constitutionnel.
En ce qui concerne son comportement au salon de l'agriculture, le président porte atteinte à la fonction présidentielle. Un président de la République doit savoir se maîtriser, avoir une certaine retenue et de la tenue. En étant élu, le président doit pouvoir répondre de ces qualités. Les dérapages successifs de Nicolas Sarkozy sont très préoccupants. Ce dernier dérapage n'est qu'un de plus parmi d'autres. La vidéo a malheureusement fait le tour du web, y compris à l'étranger où le président français est sensé donner une image de la France. Sa chute dans les sondages est représentative de sa politique et des promesses non tenues comme la promesse du pouvoir d'achat qui a déçue les Français. Mais son comportement qui porte atteinte à la fonction du président fait aussi partie de cette chute. Un président doit savoir se maîtriser."

Corinne Lepage, présidente de Cap21, candidate MoDem aux élections municipales dans le XIIe arrondissement de Paris : "Sur le plan comportemental, il n'y a pas de prérogatives mais un usage de la fonction présidentielle. Or, celle qui en est faite par le Président remet en cause la fonction et sa représentation. Un Président, proche des citoyens : oui. Un Président qui utilise un langage de charretier : non. La représentation que chaque Français peut se faire de la dignité de la fonction présidentielle en tant qu'elle le représente, de sa valeur exemplaire, n'est pas compatible avec ce langage. Quant au plan institutionnel, la lecture très monarchique de ses pouvoirs que fait le Président est à la limite de ce qu'autorise la Constitution, en ce qui concerne le Premier Ministre, lequel ne revendique pas l'exercice plein et entier des dispositions de l'article 20 de la Constitution. En revanche, avec la décision de saisir le Premier président de la Cour de cassation, les articles 62 et 64 de la constitution sont contournés pour l'un , oubliés pour l'autre. Même s'il n'existe pas de pouvoir judiciaire, cette immixtion de l'exécutif pour contraindre à terme les juridictions à contourner le principe de non-rétroactivité de la loi pénale est grave, et ce d'autant plus que l'arsenal juridique permet de soigner de force des malades qui présenteraient un danger pour la société."

Nicolas Dupont-Aignan, député (Debout la République) de l'Essonne : "Bien sûr que Nicolas Sarkozy a dépassé les limites. C'est une évidence. Mais le plus grave, c'est qu'il ne s'en rend pas compte. Au lieu de s'interroger sur la défiance des Français, il part dans cette espèce de fuite en avant et de surenchère verbale qui est anxiogène pour les Français. Et c'est là où les limites sont dépassées. Le président peut avoir des hauts et des bas, mais ce qui est nouveau avec Nicolas Sarkozy, c'est qu'il n'écoute pas et surenchérit en permanence. Au Salon de l'Agriculture, il a fait preuve d'un total manque de maîtrise de lui-même. Sans parler de sa façon d'agir face à la décision du Conseil constitutionnel sur la loi sur la rétention de sûreté. Nicolas Sarkozy instrumentalise tout pour se mettre en avant et à des fins politiciennes : la Shoah, ses relations avec le Pape, les criminels qui agissent sur les enfants… C'est insupportable. On sort complètement du rôle du président. On ne peut pas s'en réjouir, qu'on aime ou non Nicolas Sarkozy. C'est très inquiétant."

John-Paul Lepers, journaliste : "Quand je vois la vidéo, je constate que Nicolas Sarkozy a répondu à une injure, une impolitesse. Mais la réaction du chef de l'Etat ne correspond pas à l'image que je me fais d'un président de la République. Avec cette volonté constante de briser les tabous, on arrive finalement à supprimer toute la part de sacré de la fonction présidentielle. Or, le président a des pouvoirs mais aussi des devoirs, dont celui de nous représenter et de nous grandir. Au salon de l'agriculture, il nous a réduits à la part la plus sombre de nous-mêmes. En tant que citoyen, l'angoisse monte en moi. Le chef de l'Etat ne nous montre pas la voie, et ce n'est pas la première fois. Je suis inquiet sur ses capacités à se maîtriser, alors même que l'un des rôles d'un président est d'être un guide à suivre."

Guy Birenbaum, éditeur, chroniqueur : "On ne peut pas, me semble-t-il, comparer les deux. L'épisode du salon de l'agriculture me rappelle l'attitude de Jacques Chirac. Quand quelqu'un refusait de lui serrer la main, ou lorsqu'on l'insultait, l'ancien président répondait : "Moi c'est Jacques Chirac. Enchanté". Cette réaction était bien plus cinglante que des insultes.
Nicolas Sarkozy ressemble de plus en plus à Tony Montana. On est dans "Scarface"… Je pense que ce "casse toi pauvre con" va lui coller à la peau, bien plus que le fameux "kärcher".
Je ne pense pas en outre que Nicolas Sarkozy viole le système constitutionnel. Ce n'est pas la première fois qu'un chef de l'Etat demande l'avis du président de la cour de cassation. Il ne contourne pas le Conseil constitutionnel, il demande un avis. Quoi qu'il arrive, il devra se conformer à la décision des Sages. Pour moi, cette polémique n'a pas d'intérêt. Le mélange du politique et du juridique n'a pas lieu d'être."

Najat Vallaud Belkacem, vice-présidente du Conseil régional Rhône-Alpes et porte-parole de Ségolène Royal : "Nicolas Sarkozy n’a pas dépassé les limites parce qu’il n’en a pas. Rappelez-vous son slogan de campagne, avec lui "tout devient possible!" La polémique est devenue son mode de gouvernance normale. Sur la forme comme sur le fond, ni retenue, ni dignité, ni hauteur. Pas très digne cette "conversation de salon" du Salon de l'Agriculture, mais bien moins grave que son ministre de l’Intérieur s’en prenant aux magistrats ou sa directrice de cabinet réhabilitant les sectes. Bien moins grave que l’instauration des peines planchers, la remise en cause de l’irresponsabilité pénale des malades mentaux, la rétention de sûreté ou encore les coups de boutoir donnés à la laïcité. Celui qui devait être le garant de l’Etat de droit et de la Constitution s’en fait le fossoyeur !"

Bruno Julliard, ex-président du syndicat étudiant l'Unef, candidat aux municipales sur la liste PS du XIIIe arrondissement de Paris : "Il a dépassé les limites, très clairement. Pourtant, sans avoir voté pour lui, j'avoue avoir été de ceux qui ont été séduits par son style direct et entreprenant. Mais là, c'est insupportable. Il a un comportement d'excité. C'est anxiogène et suspect. Il fait trembler les institutions. Ce qui est terrifiant c'est de se dire qu'on en a encore pour quatre ans ! C'est désagréable de se dire qu'on s'est fait avoir. Aujourd'hui, on est clairement inquiets et on a honte de celui qui est sensé nous représenter, nous Français, à l'étranger. Nicolas Sarkozy n'est tout simplement pas taillé pour le rôle."

Didier Peyrat, magistrat : "C'est sa façon d'être de dépasser les limites. Il le fait volontairement. Il cherche à passer en force. C'est la stratégie de bouleversement des équilibres. Mais je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que c'est lié à une psychologie personnelle défaillante. Non, c'est volontaire. Cette espèce de virilité, de langage vulgaire pour montrer ses muscles, cette façon d'insulter ses contradicteurs ne relève pas de la perte de contrôle. Il a envie de ça. D'être comme ça. Intimider, faire peur. Il ne cherche pas à convaincre mais à briser la société française pour la mettre au pas avec sa vision mondialiste de la société. Mai 2007, c'est fini, il a convaincu. Aujourd'hui, il force le passage. Et ceux qui se trouvent en travers de son chemin sont insultés, ridiculisés, brisés… Rien n'est positif actuellement. Avec lui, ça passe ou ça casse. Sarkozy, lui, a envie de casser. Outre les sondages, il y a encore un moyen efficace de lui dire stop : une bonne raclée à ceux qui le soutiennent dans toutes les villes de France aux prochaines élections municipales."

Régine Barthélémy, présidente du syndicat des avocats de France : "Sur le plan institutionnel, Nicolas Sarkozy a complètement dépassé les limites et c'est très grave. Le président de la Cour de cassation ne doit en aucun cas donner de suites à la demande de révision du président de la République ce serait contraire à toute logique institutionnelle. Il est déjà très grave que le Conseil constitutionnel ait validé une partie de la loi sur la rétention de sûreté alors heureusement que la rétroactivité n'est pas passée. Mais la Cour de cassation a décidé de ne pas revenir sur la décision du Conseil constitutionnel comme le voulait Sarkozy. Heureusement que tout le monde ne perd pas la tête ! Sur la plan personnel et comportemental, notamment au Salon de l'Agriculture, l'attitude de Nicolas Sarkozy ne plaide pas pour la bonne tenue du personnage et c'est inquiétant."


Propos recueillis par Valérie Auribault et Séverine de Smet, NOUVELOBS.COM | 25.02.2008 | 19:19
 
Par jean jacques
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 18:45

Jospin s’écarte, Delanoë se place, par D.R.A., Libé du vendredi 14 décembre 2007

Les deux hommes se retrouvent ce soir à l’Assemblée nationale. Juste une rencontre entre amis. Officiellement, la réunion des camarades de Lionel Jospin et Bertrand Delanoë, ce soir à l’Assemblée, n’a qu’un objectif : «Faire le point avant les municipales», assure la députée de Paris Annick Lepetit. «C’est un rendez-vous classique, assure le député européen Harlem Désir. C’est l’occasion, à la veille de la convention nationale, de rencontrer des cadres et des élus de province.» 

Reste que l’ampleur du rassemblement dépasse largement leur traditionnelle réunion du mardi, maintenue en petit comité depuis la rentrée, et à laquelle assiste régulièrement l’ancien Premier ministre. «C’est un peu la première réunion de famille, estime un participant. L’objectif est un peu de se compter, de voir où on en est.» Un autre jospiniste explique : «On va passer à une phase d’élaboration d’un contenu pour exister politiquement, d’une structuration et de perspectives.» Lesquelles ne se révèlent pas moins complexes que pour les autres sensibilités du PS. En raison, notamment, de la volonté du maire de Paris de ne pas sembler brûler les étapes : d’abord les municipales, ensuite les affaires socialistes. Et, aussi, parce que le rapport entre l’ex-Premier ministre et le maire de la capitale demeure ambigu.

«Qu’est-ce qu’il m’agace», avait ainsi pesté Delanoë à l’issue d’une réunion, voici trois mois, au cours de laquelle Jospin avait commencé son intervention par un propos sur le prochain congrès du PS. Et, du coup, «torpillé l’opération passage de témoin prévue par Delanoë», raconte un proche.

Lionel Jospin, qui vient de fermer son blog et n’apparaît que rarement, «reste très présent dans le paysage», poursuit ce proche. D’où une volonté d’émancipation du maire. «Sa stratégie est de sortir de l’ombre portée de Jospin», explique un de ses partisans. Avec, corollaire inévitable, une certaine inquiétude du canal historique des jospinistes, qui craint que «Delanoë n’essaye d’élargir son background politique en minimisant l’apport des jospinistes.» Jospin-Delanoë, ou l’éternelle question du père en politique.

Par jean jacques
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 18:30
Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du PS, l’avait récemment annoncé en commission électorale. En substance : en matière de représentation de la «diversité», rien ne sert de donner un objectif précis pour se voir reprocher ensuite de ne pas l’avoir atteint. Fidèle à cette méthode, le socialiste a annoncé un «fort renouvellement dans [les] candidatures», soigneusement entouré du plus grand flou statistique. Bruno Le Roux, pour l’occasion, était flanqué de Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à la diversité… et candidat malheureux à la candidature à Argenteuil (Val-d’Oise), pour cause d’opposition farouche de la fédération locale, malgré le soutien de la direction. Tout un symbole…

Instances.
Le PS, pourtant, l’assure : «Nous sommes bien en avance sur l’UMP.» Et Bruno Le Roux d’annoncer, dans les villes de plus de 20 000 habitants, «un peu plus d’une vingtaine» de candidats de la «diversité» qui seront les «premiers des socialistes». Donc pas forcément têtes de liste, accords locaux obligent. Et pas forcément non plus, c’est un euphémisme, sur des terres d’élection gagnables. Combien de ces candidats ont-ils des chances de l’emporter ? «Vous avez de très bons logiciels», évacue Bruno Le Roux. La question a pourtant son importance. Car dans les villes mises en avant, de Troyes (Aube) à Evreux (Eure) en passant par Cannes (Alpes-maritimes) et Vaulx-en-Velin (Rhône), rares sont les socialistes de la «diversité» en mesure de l’emporter. «Le PS se réveillera au lendemain des élections en faisant semblant d’être tout étonné de n’avoir aucun maire issu de l’immigration, alors qu’il n’y a eu aucune volonté politique», note un cadre.

Même ceux qui semblaient initialement les mieux placés, comme Hussein Mokhtari à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) et Razzye Hammadi à Orly (Val-de-Marne), suscitent aujourd’hui moins d’optimisme. D’autres, comme à Argenteuil, Etaples (Pas-de-Calais) ou Evreux (Eure), ont éprouvé les pires difficultés. Entre refus, par les instances fédérales, des votes des militants ou des décisions du national, et dissidences locales. «Les mecs ont peur de se présenter à cause du racisme latent des barons locaux. Certains se sont entendu expliquer que les beurs étaient bons à faire perdre des voix», raconte l’un de ces candidats malheureux. «Ce n’est pas le problème de la direction du parti, mais des élites locales», plaide Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande. La direction a beau annoncer une «reprise en main»,cela ne convainc guère : «A six mois d’un congrès, la direction ne se fâchera pas avec les barons locaux», estime un dirigeant.

Alors que des rumeurs évoquent l’intervention de militants furieux, demain à Paris, lors de la convention nationale de ratification des investitures, certains dirigeants ont ainsi envisagé d’envoyer des socialistes de la «diversité» pour porter la bonne parole aux journalistes présents. Ambiance…

«Démonstration». Côté parité, les femmes têtes de liste, selon Bruno Le Roux, représenteront «un peu moins de 25 %» du total des candidats dans les villes de plus de 20 000 habitants. Avec, là encore, peu de précisions sur le nombre exact de villes gagnables. Commentaire de Laurence Rossignol, secrétaire nationale chargée de la parité : «Ça n’a pas été géré du tout. Le national ne peut imposer quoi que ce soit à qui que ce soit de peur de faire la démonstration que personne ne le respecte. Il y a un tel déficit d’autorité…»

DAVID REVAULT D’ALLONNES, libé du vendredi 14 décembre 2007  
Par colette - Publié dans : frenes-sego2007
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 13:15
Ségolène Royal a plaidé jeudi soir 6 décembre, lors de l'émission à vous de juger" sur France-2, pour la constitution d'une coalition allant de François Bayrou à José Bové pour permettre à la gauche de l'emporter en 2012.
L'ex-candidate socialiste à la présidentielle a poursuivi pendant une heure son offensive médiatique lancée par la sortie mardi de son livre-bilan "Ma plus belle histoire, c'est vous" (Grasset).
"La question des alliances, c'est une question majeure. Que ce soit en Amérique du sud, ou dans les pays d'Europe, plus aucun socialiste ne gouverne seul", a remarqué Ségolène Royal. "Tous les socialistes, travaillistes et sociaux-démocrates sont dans des coalitions."

"La cohérence au sommet au PS a manqué"

L'ex-candidate a plaidé pour une coalition de François Bayrou à José Bové. "Il faut prendre dans chaque courant de pensée ce qu'il y a de meilleur: la radicalité, l'altermondialisme, le centre", a-t-elle estimé, en s'inscrivant dans la tradition de François Mitterrand et du congrès d'Epinay.
Celle qui révèle dans son livre avoir proposé entre les deux tours à François Bayrou de devenir son Premier ministre a affirmé ne pas avoir "improvisé" mais "regardé ce qu'ont dit les Français dans les urnes" au premier tour. Et certifié qu'elle aurait été élue si le centriste avait accepté la proposition.
Critiquée mercredi par François Hollande sur le manque de "cohésion" et de "cohérence" de sa campagne, Ségolène Royal a persisté et signé dans ses reproches à son ex-compagnon. "Chacun a pu voir que la cohérence au sommet au PS a manqué", a-t-elle répliqué.

"Rénover le PS"

Ségolène Royal a estimé que cette question des alliances "se posera" lorsque le PS, inaudible depuis sept mois, aura retrouvé sa place de "force centrale" de la gauche. "Il faut maintenant se remettre au travail pour réussir à rénover le PS", a expliqué celle qui pourrait viser la tête du parti en 2008. Dans l'immédiat, La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes va s'impliquer dans la campagne des municipales.
Quant à sa propre candidature en 2012, Ségolène Royal a répondu qu'il ne fallait pas brûler les "étapes". "N'attendez pas de moi ce soir une quelconque candidature", a-t-elle éludé.
Mais tous ses propos laissaient entendre le contraire. "Il y a d'autres combats à conduire", a-t-elle ainsi glissé, sibylline, lorsqu'on lui a demandé si elle était sortie "cabossée" de la campagne présidentielle.

"Quelque chose a bougé"

"Je suis convaincue que je réussirai à faire venir vers moi des responsables politiques qui au moment où j'ai agi dans la campagne n'ont pas forcément compris ce que je voulais faire", a-t-elle poursuivi.
Avec sa campagne, "quelque chose a bougé", a affirmé Ségolène Royal, forte de ses 17 millions de voix au second tour.
Interrogée sur sa rivalité avec Bertrand Delanoë, Ségolène Royal a répondu qu'elle n'était "candidate contre personne". "Qu'il y ait des compétitions à l'intérieur de la politique, c'est normal, c'est la vie, et à la limite ça stimule", a-t-elle remarqué.

Opposante à Sarkozy

Tout au long de l'émission, l'ex-candidate socialiste a posé en première opposante à Nicolas Sarkozy, critiquant ses annonces sur le pouvoir d'achat ou sa gestion du conflit des régimes spéciaux. "Ce qui est annoncé aujourd'hui par Nicolas Sarkozy, c'est tout et le contraire de tout", a-t-elle estimé.
"On a un pouvoir qui dresse les Français les uns contre les autres, quand il dénonce ceux qui vont avoir droit aux heures supplémentaires, ceux qui n'y ont pas droit, ceux qui se lèvent tôt et ceux qui se couchent tard, ceux qui ont des régimes spéciaux et ceux qui n'en ont pas", a-t-elle accusé.
"Il oppose aujourd'hui, le pouvoir en place, les petits aux petits (...) Il a donné aux gros, il reprend aux petits, il entretient la jalousie entre les petits. Ce n'est pas ma vision ni ma conception de la France", a souligné Ségolène Royal.
Par jean jacques
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 13:11

SÉGOLÈNE Royal sera candidate en 2012. Dans le livre qu’elle vient de sortir elle évoque à sa manière ses déboires sentimentaux en annonçant que "pour gagner une prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d'un compagnon amoureux, à fond avec la candidate". Quant à prendre la tête du PS après le départ de François Hollande, après les municipales, elle se prononcera "en début d'année prochaine". D’ici janvier, la présentation de son livre servira de tour de chauffe. Derrière les phrases mielleuses des responsables socialistes se profilent à nouveau les mêmes embuscades. De la part de tous les seconds couteaux des différents courants se multiplient les mêmes accusations, visant à faire porter l’essentiel de la responsabilité de la défaite sur Ségolène elle-même, alors que si elle n’en est pas exempte, chacun a pu voir le sabotage de la campagne par des "éléphants". Le coup de grâce a été donné hier par son ancien compagnon, François Hollande : "Il ne sert à rien de vouloir imputer aux autres une responsabilité. Il faut regarder, selon le rôle et la place qu'on a occupés, ce qu'on aurait pu faire de mieux". Mais contrairement à ces procès d’intention, Ségolène Royal ne fuit pas l’autocritique, évoquant à propos des "éléphants" ce qu’elle nomme sa "vraie faute", de n’avoir "pu aligner un nombre respectable de ténors socialistes sourire aux lèvres et fleur au fusil". Mon tort, dit-elle, est de ne pas avoir su "ruer dans les brancards. M’organiser. Les commander". Mais comment les commander lorsque, six mois plus tard, on entend dans la bouche de François Hollande le même ronron : la nécessité d’une "ligne claire sur le plan stratégique, (…) compréhensible, lisible, crédible pour les Français" et surtout "une démarche collective", manière de mettre en accusation la démarche de l'ancienne candidate vis-à-vis de François Bayrou. Car l’une des révélations de ce livre c’est que Ségolène Royal lui avait proposé entre les deux tours le poste de Premier ministre, si elle était élue. "Cette proposition n'était pas improvisée comme je l'ai lu ici ou là. Ce rendez-vous était prévu, je l'avais proposé à François Bayrou qui l'avait accepté", ajoutant que François Bayrou était alors passé "à côté d'un tournant historique dans la mutation de la politique française". Mais faire cette proposition sans en parler aux responsables est un crime de lèse-majesté. Il n’y avait pourtant pas d’autre choix, pour rassembler une majorité. Mais pour ça, il fallait être deux. Et elle était seule.

Jean-Marcel Bouguereau, Nouvel Obs du jeudi 6 décembre 2007

 

Par jean jacques - Publié dans : frenes-sego2007
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 22:09
Par da - Publié dans : frenes-sego2007
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 12:17

La Gauche moderne de Bockel pointe à la gauche de la droite

LAURE EQUY , Libération du jeudi 29 novembre 2007

A la gauche de la droite, on se bouscule au portillon. Jean-Marie Bockel a lancé hier son parti, Gauche moderne, qui doit porter les idées «social-libérales» de l’ancien solitaire blairiste du PS et former le «pilier de gauche» de la majorité présidentielle. Des plates-bandes déjà convoitées par les Progressistes, club de réflexion d’un autre secrétaire d’Etat «d’ouverture», Eric Besson.

«C’est un parti de gauche allié à une majorité de droite. N’ayons pas peur des mots», a lancé, faussement rentre-dedans, Jean-Marie Bockel, qui ne juge «pas contradictoire de garder ses convictions, dans une démarche d’alliance». Le positionnement est quelque peu acrobatique. Bockel rebondit en balayant les «vieux clivages» pour «faire bouger les lignes».

Majorité. Son fonds de commerce : les déçus du PS «qui ne se retrouvent pasdans les archaïsmes du parti». Avec 680 adhérents revendiqués, le parti ambitionne de «prendre la relève à gauche», ose Jean-François Pascal, conseiller de Jean-Marie Bockel. Sophia Chikirou, ancienne porte-parole de Laurent Fabius, qui a rejoint le parti, «n’adhère pas au programme présidentiel mais soutient la volonté de réforme de Nicolas Sarkozy. Le PS nous demandait d’attendre cinq ans. Moi je veux agir». Guy Durbec, ancien sénateur (PS) du Var, voit d’ici quelques années une majorité formée «d’un pilier UMP et d’un pilier de l’ouverture».

«Notre pays n’a pas de tradition de coalition : il est temps de changer les habitudes», poursuit le secrétaire d’Etat à la Coopération. Nicolas Sarkozy, qui l’a reçu la semaine dernière, a chaudement encouragé sa démarche. Comme celle d’Eric Besson, qu’il a accompagné lors de la deuxième rencontre des Progressistes, début novembre. «Et j’ai reçu une lettre de soutien vraiment sympa de François Fillon», pavoise Jean-Marie Bockel devant un comité de soutien gouvernemental : Jean-Louis Borloo (Ecologie), Rama Yade (Droits de l’homme), Christian Estrosi (Outre-mer), André Santini (Fonction publique) du Nouveau centre, et Alain Marleix (Anciens combattants), secrétaire national de l’UMP aux élections.

Pour les clubs et partis qui gravitent autour de l’UMP, l’enjeu est d’envisager des collaborations, voire, à terme, une convergence. «Il faudrait que les sensibilités se fédèrent», suggère le conseiller de l’Elysée Georges-Marc Benamou. Selon Jean-Louis Borloo, «la question est : comment s’organiser entre nous?» Le président du parti radical verrait «une confédération» regroupant ces «micro-initiatives, pour peser sur la vie politique». L’ancien ministre (UDF) Gilles de Robien, fondateur du club Société en mouvement, n’exclut pas de «travailler avec» Gauche moderne. La Diagonale, le cercle des «sarkozystes de gauche», a déjà rejoint la fédération de Jean-Marie Bockel.

Patron. Mais avec Eric Besson, l’heure n’est pas encore à la fusion. «On se voit et on se parle, raconte Bockel. Mais aujourd’hui on pense qu’il est préférable que chacun puisse vivre son histoire. On ne s’interdit pas une démarche commune le moment venu.» Il aurait proposé au patron des Progressistes la présidence du conseil scientifique de Gauche moderne. «Nous avons tendu la main : il réfléchit», précise Jean François Pascal. Pour décrocher la tête du pôle de gauche et se faire entendre aux côtés du Nouveau centre et du mastodonte UMP, Gauche moderne veut tenter une percée aux municipales. Le parti doit présenter une centaine de candidats sur des listes d’ouverture.

 

Par jean jacques - Publié dans : frenes-sego2007
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